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Département des Collines

Le département des Collines, comme son nom l’indique, est plein de contrastes entre les collines surpeuplées de sa partie sud et les zones encore forestières en cours de colonisation agricole de sa partie nord.

C’est aussi une région de diversité ethnique et culturelle, où aux groupes Yorouba (Idatcha, Nago, Tchabè) et Fon-Mahi s’ajoutent aujourd’hui des migrants en quête de terres fertiles descendant des montagnes de l’Atacora, du Nord Togo, ou quittant les plateaux surpeuplés du sud. En effet, le département abrite plusieurs royaumes Yorouba résultant de la migration à partir d’Ifè au Nigeria depuis le 12ème siècle [1].

C’est une zone agricole où pendant longtemps les jeunes producteurs pouvaient résoudre leurs problèmes d’espace et de terres fertiles en allant s’installer un peu plus loin que leurs parents. Cette migration leur permettait d’ouvrir de nouveaux champs et d’y cultiver beaucoup d’ignames, exigeantes en terres fertiles. Néanmoins cette expansion touche à ses limites. Des pratiques de sédentarisation de l’agriculture, et en particulier de la culture de l’igname s’imposaient. Elles sont proposées aux producteurs par le CEBEDES.

Les producteurs se sont aussi lancés dans la culture cotonnière depuis des décennies. Quand les politiques agricoles incitaient fortement à étendre les superficies emblavées, beaucoup de producteurs sont entrés dans une spirale d’insuffisance de vivriers d’autoconsommation et d’endettement. Depuis 1992, le CEBEDES intervient pour inciter les producteurs à diversifier, mieux prévoir leurs assolements et bien gérer leurs stocks vivriers pour assurer la sécurité alimentaire de la famille. D’autres cultures de rente ont aussi été promues comme le soja et le riz.

Dans ces zones de production de surplus vivrier, la malnutrition sévit. Au delà de la gestion des stocks de vivriers, il y a un problème d’éducation nutritionnelle auquel s’attaque le CEBEDES, en concentrant ses efforts sur les groupes à risque comme les jeunes enfants de 0 à 5 ans.

Pour permettre aux producteurs de mieux valoriser leurs surplus, un programme d’appui à l’investissement dans le stockage, le commerce et diverses transformations à été initié grâce à un fonds de crédit. Ce programme finance également la petite mécanisation agricole. Les producteurs sont assistés afin de bien prévoir leur investissement. Mais la bonne gestion du crédit passe par le développement de l’épargne et la constitution de fonds autonome de crédit par les producteurs eux mêmes, qui décident alors des modalités de rétrocession aux demandeurs de crédit (MEC).

Des activités de plaidoyer sont menées par les groupements de riziculteurs pour améliorer l’approvisionnement en intrants et les débouchés et pour sécuriser leur accès aux bas-fonds.

Eparpillés dans des petits villages et hameaux, ayant souvent passé leur enfance en migration, les producteurs et productrices de cette région sont « frappés » par l’analphabétisme et le manque d’accès à l’information. Comment alors innover et bien gérer son exploitation ? C’est ce qui a poussé à développer un important volet d’alphabétisation fonctionnelle dont le prolongement est l’animation de cases villageoises de lecture et d’animation culturelle.

L’antenne du CEBEDES pour les Collines est à Savè.

Notes

[1] Smith M.G., 1969. Pluralism in Africa. Berkeley. Cornevin R., 1981. La République Populaire du Bénin : des origines dahoméennes à nos jours. Paris, Maisonneuve et Larose.


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