Parmi les illustres successeurs, citons Ghézo (1818-1858) qui développa progressivement l’économie de plantation du palmier à huile comme alternative au commerce déclinant d’esclaves, Glèlè (1858-1889) qui invita beaucoup d’artistes et d’artisans à la cour et Behanzin (1889-1906) qui lutta contre l’assujettissement colonial.

Une première conséquence de cette longue histoire est la forte densité de population sur le plateau d’Abomey et la surexploitation des terres agricoles qui en a découlé. Aujourd’hui beaucoup de terres ne peuvent plus être semées en maïs, qui est pourtant la base de l’alimentation de la population, du fait de leur épuisement.
C’est ce qui a amené le CEBEDES à s’investir depuis plus de dix ans dans la régénération des terres agricoles par l’agroforesterie et autres mesures de fumure organique. Un programme a en particulier proposé la jachère plantée à Acacia auriculiformis aux producteurs.
Une opportunité sous exploitée dans ce département si riche en histoire est le tourisme. Les acteurs locaux des différentes communes ont, avec l’appui du CEBEDES, recensé leur patrimoine et proposé des actions de mise en valeur des sites. Mais il y a aussi de nombreuses zones humides dans le complexe fluvio-lacustre des fleuves Zou et de l’Ouémé, riches en espèces végétales et animales mais menacées tant par les riverains que par des exploitants forestiers peu scrupuleux.
Des études ont montré les forces et les faiblesses actuelles des institutions locales de gestion de ces ressources et l’intérêt d’une implication des communes dans cette gestion. Des initiatives pilote de promotion des AGR alternatives au prélèvement des ressources naturelles et de promotion de l’écotourisme sont encouragées par le CEBEDES afin d’assurer la protection de ces ressources par les riverains.
La forte densité de population a depuis longtemps favorisé une certaine spécialisation économique, tant chez les hommes que chez les femmes. Ainsi les femmes de certaines collectivités familiales ont développé des savoir faire, qui dans les transformations agroalimentaires, qui dans la poterie. Le développement urbain récent de la conurbation Abomey-Bohicon, autrefois centrée autour d’Abomey et aujourd’hui impulsé par la ville carrefour de Bohicon, crée des opportunités nouvelles pour la mise en marché de ces produits.
Si l’agriculture et les transformations agroalimentaires bénéficient de débouchés urbains, l’espace agricole et les modes d’accès à la terre sont perturbés par le lotissement et la marchandisation de la terre. La gestion urbaine se doit encore d’être articulée avec les activités du monde rural pour des synergies. Ainsi les noyaux urbains sont jonchés d’ordures tandis que les champs limitrophes sont appauvris en matière organique, les eaux de ruissellement envahissent les quartiers alors que les activités agricoles souffrent du manque d’eau de surface. Le programme ECOCITE analyse les conséquences de l’expansion urbaine sur les agricultures urbaines et périurbaines et sur les ressources naturelles. Il élabore quelques propositions pour les décideurs locaux. Marché de Bohicon
Les zones rurales du Zou sont aujourd’hui marginales et peu touchées par les politiques nationales de promotion des cultures d’exportation. Pourtant, de nombreuses opportunités existent du fait de la proximité des grands marchés urbains côtiers et des conditions agroécologiques particulières, telles que l’expansion des élevages de volailles, petits ruminants et espèces dites « non conventionnelles », la promotion des transformations agroalimentaires, des agrumes, du maraîchage et des cultures de bas-fonds. Des stratégies de promotion du développement local sont alors élaborées à l’échelle des communes par les acteurs des filières concernées, les services techniques et les élus. C’est ainsi que le CEBEDES s’est impliqué avant même l’avènement de la décentralisation dans la planification sectorielle et communale intégrée pour les neuf communes du Zou.
Pour que les acteurs de ces secteurs aient accès aux produits d’épargne et de crédit dont ils ont besoin pour développer toutes ces activités et résoudre leurs problèmes urgents, les mouvements d’entraide communautaire sont appuyés par le CEBEDES.
Le CEBEDES a à la fois accompagné les dynamiques locales et conduits des travaux de recherche sur ces différents thèmes.

Le bureau du CEBEDES à Abomey est sis dans la voie quittant la place Goho et longeant le stade au premier étage de la maison en terre stabilisée.
La bibliothèque (qui est spécialisée dans la décentralisation et le développement local) est ouverte pour consultation sur demande.
La salle de conférence et les autres facilités du rez-de-chaussée peuvent être louées par les institutions de développement pour leurs réunions et conférences moyennant une modeste contribution. Des chambres de mission sont proposées aux consultants en déplacement.
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